Les amis du
Jardin Dumaine



La Naïade fugace
Sur les cartes postales anciennes qui mettent en valeur le grand bassin du jardin, nous pouvons apercevoir, émergeant des épars roseaux et autres graminées, une élégante statue prête à sauter dans le lac. Dénudée mais chaste et craintive, elle cache sa poitrine avec son bras gauche, et son bas-ventre avec sa main droite. Elle regarde par-dessus la végétation pour s’assurer que personne ne l’épie afin de pouvoir se baigner sans être importunée…
Cette Naïade en pierre blanche, de grandeur nature, fut difficile à photographier. Elle n’était pas le principal sujet à immortaliser. Tantôt la gondole, ou le grand bassin étaient les motifs des clichés de l'époque. C’est dire qu’elle a réussi à se faire discrète. Toutefois, il est difficile d’obtenir d’elle une prise de vue nette, en tous cas suffisamment précise pour se faire une idée de ce à quoi elle ressemblait exactement.
Sachons qu’elle habitait l’îlot aux peupliers, qu’elle apparut bien après la création du grand bassin et peu après l’immersion de la gondole. Elle faisait face au lac en direction du sud, son fessier fut tourné vers le petit pont rustique et la cascade. Il fallut attendre que les végétaux prennent de l’ampleur afin de cacher cet impudique derrière aux yeux des chastes regards, notamment ceux des enfants qui devaient bien se gausser en admirant ce spectacle figé dans la pierre…
Toujours est-il qu’elle n’apparut que quelque temps. Sa fugacité dans cette île ne lui a pas permis de se faire un nom et de laisser dans les mémoire une pérenne trace de sa présence. Gageons qu’avec la disparition des peupliers dans les années 1920 ou 1930, elle fut exilée afin de la protéger de leurs abattages et non réintroduite dans son nouvel écrin essarté. Si elle fut certainement remisée dans un quelconque hangar du jardin, qu’est-il advenu de cette Naïade fugace ?
Ci-dessous, un extrait de carte postale écrite en 1914 où nous voyons, à gauche, le dos de la statue.

Puis un autre extrait de carte postale écrite en 1910 où la Naïade apparait près de la gondole.

Un autre extrait d'une carte écrite en 1910 où l'on voit plus nettement la statue et son reflet.

Ci-dessous, une vue globale où la statue n'est pas encore présente
alors que la gondole flotte déjà sur le grand bassin.

Collection Hazouard ; Edition Bazar Gouraud - cliché V.G.
Intitulée "Jardin Dumaine - Promenade en gondole". Ecrite le 27 janvier 1918.