Les amis du
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Jardin Dumaine​



La Philhar et le Jardin
S’il y a une association artistique qui est très liée avec le jardin Dumaine, c’est bien la société Philharmonique de Luçon. Contemporaine à la naissance du jardin public, elle a contribué, par ses représentations, à donner une image festive et joyeuse de ce coin de nature et à la ville de Luçon.
Nous ne reprendrons pas dans son intégralité l’historique de la « philhar », comme elle est surnommée, mais au moins les points convergents et marquants qui la lient avec notre jardin. Pour cela, nous nous sommes inspirés de l’ouvrage rédigé en 1975 par Monsieur Edmond BABIN et mis à disposition de la population à la Médiathèque Pierre-Menanteau de Luçon.
Voici les extraits choisis de ces écrits :
« Voici comment est née, en 1875, la Société Philharmonique de Luçon, en même temps, ou presque, que la République, troisième du nom. ». Suite à « la guerre de 1870 et l’humiliation nationale ; la commune de Paris horriblement ensanglantée et l’Alsace-Lorraine brutalement arrachée ; l’occupation prussienne et les cinq milliards de rançon pour la libération du territoire ». « La France jetait au monde un immense éclat de rire ; et cet éclat de rire allait s’appeler la Belle Epoque. Tout le pays éprouvait un frénétique besoin de gaieté et d’insouciance » (...) « Un peu partout se créaient des sociétés musicale (…) Et à Luçon, bien des gens, pratiquants ou non de l’art d’Orphée, rêvaient eux aussi d’un groupement de cette nature. » (…) « Il n’était en somme que de trouver un chef qualifié pour mettre en route une formation musicale d’ensemble. C’est alors que Monsieur HOENIG se trouva sur le chemin des chercheurs. Cet alsacien, au nom poétique qui signifie « Miel » dans le dialecte de son pays allait jouer un rôle déterminant dans la création de la société musicale de Luçon. »

Joseph HOENIG
« Après des mois d’efforts, Monsieur Hoenig et les mélomanes luçonnais furent à même de jeter les bases de la Société Philharmonique de Luçon (c’est ainsi qu’ils la dénommèrent), dont le but, déclaraient les statuts du 20 mai 1875, était : « l’encouragement à l’étude de la musique et la pratique de la musique d’ensemble » » (…) « Peu après cette date, deux concerts publics furent donnés à la population sur la place Belle-Croix, notre place Leclerc. » (…) « Le premier président fut Monsieur A.Chatelain. » (…) « Le maire de la ville était alors Monsieur François Gaudineau, qui devait, en 1876, devenir sénateur de la Vendée. Ce magistrat municipal accorda bientôt à la Société nouvelle, l’autorisation de jouer sous les quinconces du jardin Dumaine qui venait tout juste d’ouvrir ses portes au public. L’usage du parc, octroyé à Luçon par Hyacinthe Dumaine, se faisait donc le contemporain de la naissance de la Philharmonique. C’est alors que s’engagea un long flirt entre eux ; à tel point que, bientôt, dans la pensée des luçonnais, ils devinrent indissociables. » (…) « Suivant les saisons, et sauf en plein hiver, les concerts publics se tenaient donc au Jardin Public, tous les 15 jours, soit à 1 heure 30, soit à 4 heures, ou bien encore, en été, à 7 heures 30. »
« Si le cadre champêtre des Quinconces pouvait prétendre à un certain agrément, les musiciens, en dépit de leur enthousiasme de néophytes y trouvaient cependant quelques inconvénients, en cas de temps incertain notamment. Or l’un d’entre eux, (il existait encore des mécènes à Luçon !), Monsieur Julien DAVID, qui présidait à la Société depuis 1884, songea à offrir conjointement à la Philharmonique et au jardin, un kiosque à musique. » (…) « Ce pavillon, réalisé en 1890 » (…) « …élégant ne présentait pas que l’avantage d’un podium sous abri, élevant au-dessus du commun des mortels les officiants attentifs à la baguette du chef : son soubassement prêtait à l’harmonie une caisse de résonance très appréciée, tandis que la toiture de style baroque remplissait le rôle d’un abat-son. » (…) « En 1891 donc, le charmant édifice, qui sera plus tard éclairé au gaz, fut inauguré, et ce fut là un événement local. Que d’envie suscita ce kiosque auprès des sociétés voisines ! Mais avec cet asile, et après de longues fiançailles, le jardin et la Philharmonique voyaient leur union consacrée. » « Car la Société de Musique contribua à faire la réputation du Jardin et à y attirer les habitants de la ville, le cadre somptueux du beau parc ne fut pas étranger au goût, comme à l’habitude, que prirent les gens de venir entendre des concerts qu’il rehaussait de sa gloire, et à laquelle, il faut en convenir, il apportait une certaine dimension. Les poètes locaux, tels Georges Millandy, lorsqu’ils rêvent des ombrages de cet oasis de verdure, avec sa paisibilité et ses chants d’oiseaux, y associent automatiquement l’harmonie musicale des calmes soirs d’été. Ainsi le romantisme à son déclin s’attardait-il sur ces grâces et cette heureuse harmonie de la mélodie et du sous-bois. »
Les courses hippiques.
(…) « Aussi les gens frustrés de distractions, étaient-ils attentifs à tout ce que la Philharmonique pouvait leur offrir en ce domaine. Or la réunion des Courses de chevaux était autant une manifestation musicale qu’une manifestation hippique ; et chacun, à Luçon, pouvait y trouver sa part, même ceux qui ne pouvait aller jusqu’aux Marais. » « Au jour dit, tout au début de l’après-midi, la formation, tous cuivres astiqués et instruments fourbis, défilait jusqu’à la Place du Port. Il va de soi que chaque musicien s’était coiffé de la belle casquette à lyre d’or. Le cortège se disloquait alors, et, tandis que les plus âgés se rendaient au communal dans des voitures obligeamment offertes, les plus jeunes, faute de places, y allait à pieds. Sur l’hippodrome, la Société Philharmonique jouait entre chaque course ; et messieurs les dirigeants offraient des rafraichissements aux exécutants. Au retour on se regroupait, sur la Place de la Clairaye ; et le défilé se mettait en branle à destination du Jardin Public. » (…)
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​Vivez une journée de courses avec le journal de l'époque en cliquant ci-dessous :
«… le spectacle était dans la rue : c’était un jour de liesse populaire ; chacun se devait d’assister au RETOUR DE COURSES, tel était le terme consacré. Tout au long de la route du Marais, dans l’ombre courte des maisons basses, puis sur les étroits trottoirs de la rue du Port ; enfin sous les ormeaux de la Place Belle-Croix, tout Luçon se massait, s’installait, se pressait, attendait afin de voir passer le cortège des privilégiés possesseurs de voitures et de chevaux, qui leur avaient permis d’assister aux exploits des coursiers, et à l’étalage des toilettes. » (…)
« Mais le clou, le triomphe, l’attraction finale, c’était le défilé de la Philhar ; les cœurs vibraient, les nerfs se tendaient, les pieds scandaient sur place les accents martiaux des pas redoublés… » «La bannière venait en tête, toute tintinnabulante de ses médailles, suivait la grosse caisse accompagnée des tambours, avec, un peu en retrait, les flûtes et les bois. Les cuivres n’étaient pas loin, tonitruants et poussifs ; les contrebasses fermaient la marche. » «Le soir, sous le kiosque, éclairé par les lanternes de papier, les musiciens pourtant fatigués, dispensaient au public avide des derniers accents mélodiques d’une journée bien remplies, avant de se précipiter sur le Champs de Foire pour profiter, suprême joie, du feu d’artifice de Monsieur Ruggieri. »
« Comment ne pas nous souvenir de ces soirées musicales exaltantes, sous le bruissement ténu des arbres du Jardin. Nous nous placions sous le grand cèdre aujourd’hui disparu, dont les longues palmes nous protégeaient de la fraîcheur de la nuit. » « Les sons se jouaient du feuillage, couraient le long des haies, filaient sous la voute des arbres, caressaient au passage le plan d’eau de l’étang, percutaient les rocailles, et finalement se noyaient dans la futaie.
Edmond BABIN écrivit aussi ce qui suit pour introduire un poème qui lui tient à cœur :
« Plus d’un poète en a célébré le charme envoûtant ; mais c’est à Monsieur Maurice Bounolleau, qui appartient à la glorieuse phalange, que nous allons laisser la plume. De son appartement du Champs de Mars à Paris, et sous le pseudonyme de Maurice Valdulay, il a écrit des vers sans prétention à la haute poésie, mais dont l’émotion contenue, la nostalgie évidente et la reconnaissance exprimée, nous les font préférer à tous les autres, parce que plus proches de notre cœur."
Ci-dessous, des extraits d'articles du Journal de Luçon : le premier annonçant un concert de la Philhar et son répertoire dans le jardin Dumaine pour le 15 avril 1877 et le second rend compte de cette prestation. Si l'impression est plutôt dithyrambique, le journaliste semble un tantinet "trombonophobe"...
Article du 14 avril 1877
Article du 21 avril 1877


Nous venons de voir, par les extraits de l'ouvrage d'Edmond BABIN, la confirmation des liens étroits et fermes de la Philhar avec le Jardin. C’est bien au jardin Dumaine que ce sont déroulées les commémorations du centenaire de la Philharmonique en 1975, de ses 125 ans en l’an 2000 et, récemment, de ses 150 ans en 2025.
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Ci-dessous, nous reprenons les programmes des festivités de ces anniversaires :
Pour le centenaire
1975 : Centenaire de la Société Philharmonique
Le 25 mars au soir se sont produits :
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La classe d’ensemble de l’école de musique
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L’orchestre de l’harmonie
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Le quatuor de saxophones
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L’orchestre de l’harmonie
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Dans les œuvres de : Rimsky-Korsakov, Verdi, Dancla, Vivaldi, Miller, Purcell, Albenitz, Gluck, Schubert, Furgeot…
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Concert au foyer municipal avec un « concerto pour deux trompettes » interprété par J.L. Parpaillon et G. Bénéteau.
Le 19 mai :
Hommage au fondateur, aux présidents et membres bienfaiteurs (au cimetière). Le concert d’accordéons (Paris) prévu le 18 mai été annulé.
Le 24 mai :
Le bal des jeunes à la salle des fêtes.
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Le 25 mai :
Journée des jeunes musiciens et concert par l'harmonie départementale.
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Du 29 juin au 6 juillet :
Exposition des trophées et archives de la société.
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Le 6 juillet : Fête du centenaire
Le matin :
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Accueil de la musique d’Orléans (130 exécutants)
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Défilé en ville dans les principales artères, bannière en tête aux armes de Luçon (1875-1975)
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Exposition à la salle des fêtes : instruments anciens, trophées obtenus par la Philhar, vieux documents d’archives (partitions copiées à la main), vente d’assiettes du centenaire, photos, etc.
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Vin d’honneur honoré par de nombreuses personnalités du monde musical du département, personnalités politiques et administratives.
L’après-midi au jardin Dumaine :
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Kermesse avec de nombreux stands, buvettes, etc.
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Concert de gala par l’Harmonie et Batterie d’Orléans.
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Les musiciens de la Philhar étaient habillés en costumes vendéens anciens et leurs dames en cabanières.
Le soir :
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Spectacle au théâtre de verdure par six groupes folkloriques qui eurent un beau succès.
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Un bal populaire clôtura la fête.
Le jardin illuminé était plein comme un œuf et les buvettes fonctionnaient à bloc.
Le travail d’organisation d’une telle manifestation demanda au comité trois mois à raison de deux soirées par semaine (correspondances avec les sociétés, hébergement, stands, chemiserie, etc.)
La ville nous aida beaucoup par son personnel, au niveau matériel et finances. La réussite fut totale et la population satisfaite de sa Philhar.
Pour les 125 ans
Les 17 et 18 juin 2000
ont été fêtés, au jardin Dumaine, les 125 ans de la
Société Philharmonique de Luçon.
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Une exposition a retracé l’histoire de la Philharmonique de 1875 à 2000 en quatre périodes :
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Période 1 / 1875-1914 La Belle époque
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Période 2 / 1919-1945 La valse des chefs
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Période 3 / 1946-1975 Sur un air de basse (vendéenne) obstinée…
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Période 4 / 1975-2000 Jeunesse Rhapsodie
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En outre, un secteur de l’exposition sera entièrement consacré à la fête du centenaire en 1975.
C’est toute l’histoire de la Philhar que cette exposition propose de suivre à travers divers documents et objets :
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Extraits du texte de Monsieur BABIN (1975)
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Chronologie des différents événements (par période)
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Archives : Délibérations de la commission administrative, programmes, affiches, coupures de presse.
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Livres de caisse, relevés (cotisations et amendes), Livres d’appel…
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Instruments, photos, objets divers…
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Projections vidéo : Diverses manifestations de la Philhar.
Pour les 150 ans :
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Programme du samedi 24 mai 2025
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Concert de prestige au théâtre Millandy de Luçon
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20h30 : Concert de l’Orchestre d’harmonie de Luçon
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Winds of Change de R.D. Standridge
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Terra Pacem de Mario Bürki
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Excalibur de J.A. Pina
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21h00 : Concert de l’Orchestre d’harmonie des Gardiens de la Paix
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Children’s Overture d’Eugène Bozza
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The Green Hill de Bert Appermont
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Euphonium de Patrick Couttet
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Equus d’Eric Whitacre
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Quasar de Jean-Jacques Charles
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Un Beau Roman (medley) de Michel Fugain, arrangement : Jean-Jacques Charles.
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Programme du dimanche 25 mai 2025
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Journée festive dans le jardin Dumaine de Luçon
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11h00 : Concert de l’Orchestre d’harmonie de Luçon
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11h30 : Inauguration du buste de Julien David, réalisé par Édouard Delekta
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12h00 : Discours et vin d’honneur
Pause déjeuner avec possibilité de se restaurer sur place
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14h30 : Concert des Orchestres à vent de l’École de Musique Intercommunale Sud Vendée Littoral
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15h00 : Concert de l’Orchestre d’harmonie de Sainte-Hermine
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15h30 : Concert de l’Orchestre d’harmonie de Nalliers/Chaillé-les-Marais
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16h00 : Concert de l’Orchestre d’harmonie de L’Île-d’Elle
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16h30 : Concert de l’Orchestre d’harmonie de Mareuil-sur-Lay-Dissais
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17h00 : Concert de l’Orchestre d’harmonie de Maillé​
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Ouest-France fait paraître cet article le 29 avril 2025 pour annoncer les festivités.
La société philharmonique de Luçon fête ses 150 ans
Un grand week-end musical se prépare pour les 24 et 25 mai 2025, pour fêter l’anniversaire des 150 ans de la société philharmonique de Luçon (Vendée).
Ouest-France Publié le 29/04/2025

​La société philharmonique du XIXe au XXIe siècles. | OUEST-France
La philharmonie d’hier
Le jeudi 20 mai 1875 naissait la Société philharmonique luçonnaise. « La France voulait oublier la défaite de 1870, le pays éprouvait un frénétique besoin de gaieté. Les Français s’étourdissaient à retrouver la musique et la danse », souligne Yann Chevalier dans son histoire de la Philharmonie. Le premier chef, Joseph Hoenig, donnera son dernier concert en avril 1900, sous le kiosque voulu par Julien David, inauguré en 1891. Après la Première Guerre mondiale, la société a un temps compté un orchestre symphonique en sus de l’harmonie. En 1947, Louis Porcher crée l’école de musique pour assure l’avenir de la société philharmonique.
La philharmonie d’aujourd’hui
L’orchestre d’harmonie compte 58 musiciens « de 15 à près de 80 ans, parfois en famille, grand-père, fils et petit-fils, car la musique quand on aime, on en fait toute sa vie. L’association est riche de qualités humaines qui en fait une grande famille », soulignent Ludmilla Robert et Dominique Vrignaud, coprésidents. « Notre cheffe Anne-Laure Lucas a depuis trois ans insufflé une nouvelle ère, une nouvelle façon de travailler, un nouveau programme ».
Un week-end en musique
« Pour nos 150 ans, on a voulu se faire un beau cadeau, grâce à nos partenaires financiers, nous recevrons le samedi au théâtre l’orchestre d’harmonie des gardiens de la Paix, orchestre professionnel, et nous assurerons la première partie », indique Dominique Vrignaud. « Pour le dimanche, nous avons souhaité une journée festive autour de la musique, en réunissant nos amis musiciens, des harmonies avec lesquelles nous avons déjà joué en concert et l’école intercommunale de musique, indispensable pour renouveler nos harmonies », ajoute Ludmilla Robert. Ainsi dans le jardin Dumaine, la société philharmonique ouvrira les festivités dès 11 h le 24 et à partir de 14 h 30 se succéderont toutes les demi-heures : l’orchestre à vent de l’école de musique, les harmonies de Sainte-Hermine, Nalliers/Chaillé-les-Marais, l’île d’Elle, Mareuil-sur-Lay-Dissais et Maillé.
Pour cette occasion la ville a fait sculpter par Édouard Delekta, un buste de Julien David, bienfaiteur de la ville, et président de la philharmonie entre 1884 et 1890. On lui doit notamment l’aménagement du jardin Dumaine. La statue sera dévoilée à 11 h 30.
Samedi 24 mai, concert de la musique des gardiens de la Paix, à 20 h 30 au théâtre Millandy. Tarif 12 €, 8 € pour les moins de 10 ans, réservations sur hello asso à partir du 1er mai. Dimanche 25 avril, journée musicale de 11 h à 17 h 30 au jardin Dumaine, gratuit.
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Puis aussi le reportage de Télé Luçon Sud-Vendée :
Que la PhilHar est belle pour ses 150 ans
publiée le 29 mai 2025 : 5 minutes et 30 secondes