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Jardin Dumaine​



Le pavillon chinois
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La fabrique de jardin : le pavillon chinois.
Selon les plans cadastraux de 1816 et 1845, le « pavillon chinois » fut situé au bout de l’allée des charmilles – si l’on entre par la porte de l’allée Saint François – et juste avant les quinconces. Ce pavillon ne devait pas prendre de place car il était logé sur le côté gauche de l’allée. Selon les deux plans, il semblerait qu’il y eût des marches pour y accéder (on en compte 8 sur le plan de Berthelot) et la tour fut rectangulaire vue de haut.


Plan de 1816
Plan de 1845
Tour à tour, on emploie le terme de « pavillon chinois » pour cette fabrique de jardin, puis de « pagode » et de « tour » selon le jardinier-paysagiste J. Provost de Nantes, réputé à son époque. Tellement réputé, qu’on n’en trouve aucune trace aujourd’hui dans les archives départementales de Loire-Atlantique. Celui-ci devait proposer un plan de restauration au conseil municipal afin de réaménager le jardin Dumaine. Dans ce plan, il préconisait de conserver la « tour ». Conseil qui n’a pas été suivi, le pavillon chinois a été démoli en novembre 1877 pour cause de vétusté : « Le 23 décembre 1876, le Conseil vote la démolition du pavillon chinois attenant aux quinconces et à l’allée de charmille, considéré comme vétuste, inutile et gênant pour la perspective ». Toutefois, il fallut attendre la séance du conseil municipal du 22 octobre 1877 pour relancer sa démolition : "Sur la proposition de M Jaud, le conseil décide que le pavillon du jardin public, monument inutile et gênant pour la perspective, sera démoli dans les plus brefs délais".
A noter qu'il aurait été érigé après l'acquisition en 1790 de la propriété par la famille DUMAINE et avant 1816, année où on le voit apparaitre sur le cadastre napoléonien de 1816. La pagode n'avait qu'une soixantaine d'années avant d'être détruite.
Toutefois, elle devait avoir un intérêt esthétique du point de vue du paysagiste…
Toujours est-il que lorsqu’on dit pavillon chinois, on doit comprendre qu’il s’agit d’un bâtiment fermé avec des décors asiatiques, de même lorsqu’on emploi le mot « pagode ». Lorsqu’on dit « tour », on imagine une construction en hauteur ; peut-être pouvions-nous accéder à une terrasse par un escalier intérieur ? La pagode, dont l’ouverture se situait plein nord, devait être un refuge de fraicheurs recherchées durant les chaudes journées d'été. Pour cela, un mûr côté sud protégeait du soleil. Elle devait servir de point de lecture dans un environnement de verdure et de silence. La date précise de construction est inconnue. Toutefois, les jardins anglo-chinois avec des décors exotiques furent en vogue après 1775. Avec ces éléments, on peut imaginer à quoi ressemblait la fabrique de jardin. Voici, ci-après, un schéma de libre interprétation de toutes ces données et selon ce qui subsiste des pavillons chinois datant de cette époque à travers l’Europe. A noter que le géomètre Monsieur Berthelot père en 1845, avait dessiné sur son plan quelques détails de ce pavillon, dont sa forme rectangulaire et ses zones d'ombres, et la forme des marches sur un long escalier. Son croquis est plus détaillé que sur celui de 1816. Peut-être connaissait-il bien cette pagode (ci-dessous à gauche). Puis ci-dessous à droite, voici une éventuelle représentation de ce pavillon.
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A moins que vous en ayez une autre idée ?


Ci-dessous, le pavillon gothique du jardin de l'Hôtel de Ville de Cognac.
